Le coronavirus, crise ou opportunité ?

Une grosse ombre passe à grande vitesse au dessus de nous suite à la montée en puissance de l’épidémie liée au Coronavirus. Elle a commencé par une crise d’ordre sanitaire et est passée en quelques semaines à une crise géopolitique, économique, sociale et psychologique. Le coronavirus, en plus de s’attaquer à notre système immunitaire, il s’en prend à notre être, à nos rapports en tant qu’humains. Un danger encore plus virulent que la pandémie elle-même. Mais comme toute autre crise elle pourrait bien nous faire passer un message. Alors avant de nous interroger sur la fin du confinement, faisons d’abord une introspection : Avons-nous bien pris conscience du message ? Avons-nous suffisamment avancé sur ce que nous devions accomplir durant cette période ?

Le déclenchement d’une épidémie conjointe de régression morale

Du jour au lendemain, tout est à l’arrêt, c’est comme si on avait stoppé les machines d’un bateau en plein mer. Cette pandémie prend une ampleur conséquente due à sa vitesse de propagation. Toutefois, son véritable danger est son impact sur notre santé émotionnelle (dépression, troubles mentaux, peur,..) ainsi que sur nos valeurs (méfiance, égoïsme, violence, jugement,..). En effet, en raison des mesures sanitaires et de sécurité prises, le rythme soutenu de notre quotidien souvent basé sur la régularité, s’en trouve ralenti, nos contacts humains réduits, et nos repères habituels perdus.

Nous en parlons à longueur de journée sur les réseaux sociaux, dans les médias mais aussi en famille. De plus, nous avons tendance à l’associer à d’autres formes de peur; A en juger par les réactions et comportements primaires (Afflux vers les supermarchés en vue de vider les rayons de produits alimentaires et d’hygiène). Les gens ont peur de tomber malade, de souffrir, de perdre leur pouvoir, de perdre leur liberté, de manquer de nourriture, d’être séparé des êtres chers....

L’anxiété collective progresse plus rapidement que le coronavirus, engendrant par là, ennui, désespoir, et sentiment d’impuissance. Le manque de communication conjugué à de fausses informations ne fait qu’empirer ce processus de déstabilisation. Cela sème le doute dans l’esprit du public en l’induisant parfois en erreur et accentue la vague de panique globale (scénarios du pire non justifiés).

Par conséquent, l’affrontement de cette crise sanitaire doit être conjugué à une grande prise de conscience. Notre force mentale et la gestion de notre monde intérieur peuvent grandement renforcer notre immunité psychique et corporelle.

Une épreuve parmi tant d’autres pour l’humanité..

Le fait est là ! Nous n’avons aucun pouvoir d’action sur la situation actuelle. En revanche, nous avons le pouvoir sur nos attitudes, nos actions et nos choix (même inconscients).

En effet, ce qui est important ce n’est pas la crise en soi mais notre attitude face à cette crise. Les mécanismes sont désormais les mêmes face à n’importe quelle autre menace potentielle que nous pourrions affronter à l’avenir (Terrorisme Famine, Catastrophe naturelle,...etc).

Tout d’abord voir quels enseignements pouvons-nous en tirer..

• La reconnexion à la vie en prenant conscience de sa valeur et de notre fragilité en tant qu’êtres humains;
• L’isolement est psychologiquement éprouvant car il provoque vide et malaise. Il a toutefois bien des avantages (Retraite, Silence, Ecoute, Connexion, introspection...) qui permettent de détecter nos émotions négatives et de les comprendre (sans les nourrir).
• Le danger nous amène à nous recentrer sur le moment présent et nous oblige à nous interroger sur ce qui est vraiment essentiel à nos yeux, ainsi que sur les valeurs humaines (et non sur les objectifs de carrière, la rentabilité et les possessions matérielles..).
• La prise de conscience est individuelle mais aussi collective: Beaucoup de personnes, à travers le monde, conscients de notre unité, réalisent qu’il est essentiel de se reconnecter à l’autre pour pouvoir nous en sortir. Aussi une très grande mobilisation des associations, organismes mais aussi de personnes particulières, est-elle constatée. Des aides et des activités sociales sont proposées sur les réseaux sociaux (Conférences thématiques, cours de danse, de sport, clubs de lecture et de cuisines, jeux..)

Ensuite vivre cette pandémie avec un nouveau regard..

Il est vrai que nous vivons un moment difficile, des plus marquants de l’Histoire de l’humanité mais ne serait ce pas une épreuve à laquelle nous avons été préparés et bien ‘outillés’ afin d’y faire face ?
En effet, la tendance générale durant cette dernière décennie est à la médiation, la pensée positive, le dépassement de soi, l’introspection, le moment présent, l’acceptation.. On parle même de l’émergence d’une nouvelle conscience. Peut être est ce le moment de mettre en pratique ce que l’on a appris? Et si la vie, à travers cette crise, nous poussait à prendre réellement conscience de nos pensées et de nos actions ?
Tout au long de notre existence nous avons eu besoin de trouver un sens aux événements qui nous arrivaient. Finalement, ce n’est que lorsqu’on se retrouve face à l’adversité que l’on arrive à répondre à nos interrogations. Cette crise devient la seule façon pour nous de vérifier que ce que l’on croit est simplement au niveau du mental ou que l’on a vraiment compris l’essence de notre être.

N’oublions pas enfin que si une telle épreuve se présente dans cette vie c’est que l’on est capable de la surmonter. Nous avons bien pu, à chaque fois, nous remettre en question, changer certaines choses dans nos vies et avancer.

Il ne peut, bel et bien, s’agir que d’un processus d’apprentissage qui se poursuit à travers le temps. Il suffit de faire confiance en un tel processus qui n’a pour autre objectif que de nous transformer et nous faire grandir.

« Pour grandir de nouveau, l’homme est obligé de se refaire et il ne peut le faire sans douleur, car il est à la fois le marbre et le sculpteur. C’est de sa propre substance, qu’il doit à grand coup de « marteau » faire voler les éclats, afin de reprendre son vrai visage. » Carrel Alexis.

Et pour finir Garder le cap..

L’affrontement est une démarche au quotidien. Celle-ci est menée, à titre individuel et collectif.
Individuellement, l’épisode que nous traversons en ce moment agit comme un catalyseur pour provoquer le changement chez certains et l’accélérer chez d’autres. L’évolution est, en fait, différente selon les individus car chacun doit la mener à son rythme et selon son vécu et ses propres moyens du moment. Il doit, par lui-même, prendre conscience de certaines choses et en tirer ses propres leçons.

"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements". C. Darwin

Collectivement.. En ce temps d’épreuve, nous sommes, avec nos cœurs des lanternes pour les autres. Nous devons donc être conscients de nos responsabilités et maintenir au quotidien une attitude digne.
Comme il est de notre devoir de respecter les consignes de sécurité et d’hygiène nous avons aussi la responsabilité d’aider les autres par notre propre exemple. Nous nous devons donc d’agir avec un esprit positif en calmant nos esprits et en évitant de laisser la peur nous contrôler et compromettre notre raison.

Il est aussi essentiel de diffuser une vague d’espoir en orientant notre énergie vers tout ce qui peut créer de la joie autour de nous sans oublier d’apporter notre aide à notre entourage (matérielle ou soutien moral). Le moindre petit geste compte.

Et enfin, nous devons avoir confiance en notre capacité d’adaptation. Nos corps et surtout nos esprits sont bien plus forts qu’on ne le pense.

C’est avant tout, notre solidarité, notre empathie, et notre générosité qui font de nous des êtres humains.

Par Ibtissam BELCAÏD
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